Olivier de Rivaz, nouvelles peintures.

Maintenant, tout va bien.

Beaucoup de peintres ont souffert du syndrome Picasso.

  Tout le monde se souvient de l'artiste filmé devant une vitre, faisant apparaître, en direct du néant, un hibou, un coq, un pigeon... Le trait était magistral, même dans le noir. 

  On croyait qu'il suffisait de déployer une gestuelle de Tai Chi pour exprimer un univers, un monde sortant de l' "inconscient". Puissance mystérieuse de la création. Les dieux rôdaient autour de la toile, Maître Dôgen aussi, le chamanisme n'était pas loin, la psychanalyse non plus. On pataugeait dans un potage romantique.

  Beaucoup aussi ont attrapé un virus — culturel — celui du "crachat dans la soupe". Persuadés que la beauté était une notion réactionnaire, seule comptait la force expressive de l'objet. Puis, l'objet dévalué à son tour, seul l'acte créateur en lui-même importait. Enfin, il a fallu oublier l'acte, restait alors le "concept".

  Certaines de ces notions ont parfois influé sur mon travail. Mais j'ai fini par m'en détacher — dans tous les sens du terme.

Aujourd'hui, j'ai retrouvé mes repères. 

  Je me suis souvenu de ce qui me motivait, enfant, et me poussait à dessiner: la fascination pour de belles images que j'avais envie de m'approprier.

  Quand j'avais 5 ou 6 ans, je m'acharnais à copier Tintin en cow-boy sur son cheval. Mais c'était vraiment trop dur à dessiner. J'échouais. Même avec une feuille de calque, le résultat était décevant. Cela me rendait malade.

  J'ai persévéré. Aujourd'hui, je n'ai plus envie de dessiner Tintin sur son cheval, mais des images fortes, belles, qui pourront donner vie aux émotions que je ressens au quotidien.


             

             Gare aux cahots, boy ! (Desert storm). Huile sur toile. 195x130. 2011.                    

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